Le hérisson :
- L'automne est là. Les fougères et les arbres sont maintenant presque tous roux et bruns... C'est beau et étrange; Un peu triste peut être.
L'arbre:
- Les arbres et les arbustes sont des coloristes contrariants, mon ami. Dès que l'atmosphère se réchauffe, ils se parent de couleurs froides. Ils créent des paysages en utilisant toute une palette
de vert, des plus clairs aux plus foncés. Et dès qu'il commence à faire froid, ils colorent leurs feuillages de teintes plus chaudes, comme pour compenser la température ambiante !
Le hérisson:
- Mais au final, ils finissent pour la plus part par perdre toutes leurs couleurs et à se résumer à de simples branchages, comme d'immenses et tristes pinceaux qui n'auraient plus de peinture.
L'arbre:
- C'est vrai pour les feuillus en tout cas. Mais vois tu, les arbres sont aussi un peu philosophes. Ils abandonnent leurs couleurs parce qu'ils aiment penser et se recueillir pendant l'hiver.
Le hérisson:
- Et à quoi pensent les arbres pendant l'hiver ? Sur quoi philosophent-ils ?
L'arbre:
- Ils pensent à la nature, à la vie, à la mort, au temps qui passe...
Le hérisson:
- Et il en ressort quoi de ces réflexions ? Quels enseignements tirent-ils de la nature ?
L'arbre:
- Les arbres ne cessent de penser ami hérisson, et ils dispensent leur savoir à travers l'art pictural que nous évoquions à l'instant !
Le hérisson :
- Ah oui ? Et que dit-elle, cette grande peinture végétale ?
L'arbre:
- Elle dit le printemps, la jeunesse éclatante et fleurie, qui pleure parfois des giboulées de soucis d'enfances qui passent bien vite. Elle dit la vigueur et la chaleur de l'âge estival,
parfois parsemés de quelques violents orages de problèmes d'adultes. Elle dit les moments de soleil et les plaisirs venteux et colorés qu'il faut savoir trouver encore à l'automne de la vie.
Puis elle dit l'hiver, le dénuement, le froid qui tous nous emportent tôt ou tard. Elle dit que la vie n'est qu'un moment. Qu'en ce monde, tout être né, vit et meurt, quel qu'il soit.
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