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Mercredi 15 avril 2009
Dimitri et Conception s’embrassent devant le portail d’entrée du collège. On ne peut pas les manquer en sortant. Ils sont en cinquième, dans la même classe que moi, bien qu’un peu plus âgé. Ils ont pris un peu de retard dans leur scolarité mais pas dans leur vie affective et ils disent à tous, sinon qu’ils s’aiment, au moins qu’ils ont franchi cette étape : Ils savent ce que c’est que s’embrasser.
Moi j’ai tout juste douze ans et je les regarde en passant mais sans vraiment y attacher d’importance : mon tour viendra, nécessairement… Pour l’heure c’est indifférent. A douze ans on a le temps de découvrir ce genre de choses…

Au fil des mois, des années, j’ai vu les autres expérimenter ce type de contact, de relation à l’autre. Les corps qui s’effleurent, les mains qui se posent maladroitement, les lèvres qui se caressent, les langues qui se mêlent… J’ai vu la fierté, la satisfaction, l’autosatisfaction, la confiance que les autres en retiraient…
Je revois Astrid, si discrète et dont tous les garçons, moi y compris étaient un peu amoureux lors du voyage en Espagne, et qui finalement choisira Nasser. Je revois Cécile qui embrasse un garçon dont j’ai totalement oublié le nom sous le grand magnolia de la cour du lycée. Je revois aussi Caroline, dans les bras de Kum sous un abri du même lycée… J’en revois d’autres encore, se lancer dans la découverte de ce monde étrange et frissonnant … 

Au fil des années, j’ai commencé à me demander si mon tour arriverait, si je connaîtrais enfin ce type de contacts. L’attente à été longue, si longue… Je n’ai finalement pas connu d’amours adolescentes. Je n’ai jamais connus la découverte mutuelle, timide et maladroite des corps. Les premiers émois sont restés fantasmés. Ils se sont perdus dans l'histoire.

Aujourd’hui encore je me rappelle précisément ce moment où Dimitri et Conception s’embrassaient devant le portail d’entrée du collège. Je me souviens de leur emplacement exact, de leur position, la façon un peu maladroite, un peu crispée, qu’ils avaient de se tenir. Je me souviens de leurs vêtements aussi, lui avec ce sweater gris que je possédais à l’identique, elle avec cette surchemise fuchsia retombant sur un fuseau noir et enserrée à la taille par une ceinture large. Ils résument à eux seuls tous ceux qui les ont suivis. Ils sont la première image concrète, d’une réalité à laquelle je n’aurais finalement pas eu accès...

Dimitri et Conception s'embrassent devant le portail d'entrée du collège: Le début de la frustration.
Par le hérisson - Publié dans : Pics et fourrure
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Commentaires

Les miens avaient d'autres prénoms mais ils étaient les mêmes, évidemment. On les a tous eus, j'imagine. Ils mettaient le doigt sur ce qu'on s'évertuait à ne pas voir.
Commentaire n°1 posté par joss le 02/05/2009 à 19h51
Hummm tous je ne sais pas.
Ceux qui sont restés un peu trop longtemps sur le bord du chemin les ont eu...
Réponse de le hérisson le 03/05/2009 à 13h31
Dimitri et Conception... Un bel exemple de mélange des origines! Ce sont ceux qui sont si précoces qu'à la fois on les envie et on n'a pas trop (encore) le désir de faire pareil...
Commentaire n°2 posté par Charlotte le 03/05/2009 à 19h04
je ne sais pas ! en tout cas pour ce qui me concerne, j'aurais bien aimé que ça arrive plus tôt !
Réponse de le hérisson le 03/05/2009 à 20h06
 
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