Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.

Publié le par le hérisson

Je n'avais jamais lu Phèdre. C'est chose faite ! J'avoue que je n'ai pas été emporté par la trame dramatique mais bien plus par les alexandrins de Jean Racine. Cette musique des mots, c'est un vrai plaisir.

Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang;

Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le cœur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé:
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.

De quoi m'ont profité mes inutiles soins?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes:
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,

Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire?

Phèdre Acte II scène V



Publié dans Feuillage

Commenter cet article

Andesmas 27/01/2009 21:35

L'Amour de Phèdre, de Sarah Kane, est une réécriture du mythe... Si tu n'as pas été charmé par la trame dramatique de celui de Racine, le Phèdre de Kane devrait avoir un autre effet sur toi, loin de l'écriture mélodieuse du dramaturge classique.

le hérisson 28/01/2009 19:33


là encore je note sur mes tablettes ! merci !