Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

Publié le par le hérisson

Moïse vit seul avec son père, rue bleue à Paris. Sa mère est partie et son père, passablement déprimé, ne jure que par Popol, le frère de Moïse, qui est parti lui aussi. Moïse se débrouille tant bien que mal dans ce contexte familiale difficile. il fait régulièrement les courses en piquant des boites de conserve chez Monsieur Ibrahim, l'épicier arabe du coin. Monsieur Ibrahim va progressivement prendre Moïse son son aile et lui apprendre un peu à apprécier la vie...

Il m’est étrangement plus difficile de parler de ce livre que des deux précedents qui en fait le suivent dans Le Cycle de l'Invisible d'Eric Emmannuel Schmitt. C'est encore un livre très court, qui propose un dialogue, un moment de vie, entre un enfant plutôt futé et un adulte déjà âgé. Toujours beaucoup de tolérance dans le propos et le soucis d'expliquer la nécessité de combattre les préjugés.
Mais il me semble que le message passe moins bien que dans les deux autres livres ou peut-être est-il plus diffu ? Je ne sais pas trop. Peut être parce qu'il ne place pas les personnage dans un contexte aussi difficile que les deux autres. La mort pour oscar et la dame rose ou la guerre pour l'Enfant de Noé. Ici, même si la situation de Moïse est difficile, on ne ressent pas la même émotion. est ce une question d'histoire personnelle ? est ce que je suis moins réceptif ces temps ci ?
Pourtant il y a de beaux moments, le personnage de Monsieur Ibrahim est plutôt réussi et les quelques sages paroles qu'il délivre ne peuvent qu'emporter l'adhésion.

En particulier, j’aime bien l’idée que ce soit le sourire qui rende heureux. Que le sourire soit un outil du bonheur et pas seulement la simple réaction physique produite par une situation agréable. Le sourire comme signe d’une certaine façon d’aborder la vie en quelque sorte...

Le livre se laisse lire sans déplaisir. ça coule tout seul. Et il diffuse malgré tout un certain sentiment de sérénité. C'est peut être ça la différence avec les deux autres finalement. Là où les deux autres touchent le coeur, ce livre là s'attache à le caresser...

Publié dans Feuillage

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Andesmas 23/12/2008 19:44

Il te reste encore à lire le quatrième de la série, qui est en fait, il me semble, le premier à avoir été publié, et qui s'appelle "Milarepa". Cet ouvrage questionne, en partant du bouddhisme, la perception de la réalité. J'avoue que j'avais été très déconcerté par cet ouvrage, celui que j'ai le moins aimé de la série.Tu expliques ta difficulté à recevoir Monsieur Ibrahim, et surtout le contexte. Je crois que le quotidien de ce livre nous plonge beaucoup moins dans la souffrance des religions, comme le fait Oscar ou L'enfant de Noé. Il faut dire qu'Oscar nous renvoie en pleine face notre propre condition de mortel, quel que soit l'âge, et surtout le rattachement que certains ont à Dieu. Je me souviens de la dernière lettre, écrite à Dieu, où Mamie Rose reprend la parole. C'est une véritable baffe que l'on se prend. J'avais été ému aux larmes, tout comme lorsque l'enfant commence sa collection devant la bagarre de ces enfants israléiens et palestiniens. L'émotion n'était, comme pour toi apparemment, pas la même. Beaucoup moins forte, finalement.

le hérisson 24/12/2008 12:23


oui c'est tout à fait ça, il ne me reste plus que Milarepa à lire qui est bien le premier du cycle ...

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran reste un bon livre mais j'avoue une préférence pour Oscar et la dame rose dans lequel les personnages sont plus attachants il me semble.
Mais peut-être aussi, comme tu le soulignes, parce qu'Oscar nous renvoie à nore propre mort. Je crois que c'est différent avec Monsieur Ibrahim parce qu'on sent qu'il accepte sa mort mais après une
longue vie. Ce qui est terrible avec Oscar, c'est qu'il est tout jeune, qu'il n'a pas vécu malgré cette vie en accélélée au fil des lettres à Dieu. Elles ne font que souligner tout ce qu'il ne
vivra pas, tout ce qui'l ne connaitra pas. Ce qui est trerrible c'est de se dire que l'on pourrait très bien nous aussi être confronté à cela, sans avoir vécu non plus, sans avoir su le faire, ou à
peine plus... je crois que c'est finalement ça qui résonne en nous..et qui nous touche...