La chevauchée

Publié le par le hérisson

C'est le jour de la lune que l’elfe a envoyé son message. Il invitait les hommes à venir le retrouver en forêt pour qu'ils découvrent sa cité dans les arbres, au prochain jour du soleil.
J'ai hésité: admirer les ramures des grands arbres, monter jusqu’aux cimes de certains d’entre eux et avoir l’impression de flotter dans la canopée, se percher à plusieurs mètres au dessus du sol et côtoyer la faune de ces sphères là,  toucher l’écorce et caresser la feuille..  La proposition était tentante. J’aurais pu « faire mon écureuil » comme l'avait évoqué l’elfe en plaisantant…

Mais j’ai décliné cette belle proposition.  Accessoirement parce que j’avais peur d’être pris de vertiges en me baladant à de telles hauteurs. Essentiellement parce qu’il s’agissait de l’elfe et parce qu’à coté de lui, toujours, un fond de tristesse m’étreint… et j'admets volontiers qu'il n'est pas besoin d'en ajouter à mon coeur en ce moment...
 
Je ne savais pas ce qu’il adviendrait de ma journée dominicale. J’envisageais d’aller dans la grande ville pour voir un spectacle de pantomime qui se jouait sur la place du commerce.

Mais la veille au soir, un homme est apparu et m’a proposé, après quelques discussions, de nous retrouver le lendemain.
J’ai accepté et donc, le lendemain, alors que les nuages filaient dans le ciel à bon rythme, poussés par un vent qui ne faiblissait pas, l’homme, un chevalier, m’a entraîné dans une chevauchée improvisée sur les bords du grand fleuve.
Cela faisait longtemps que je n’étais pas monté en selle et j’ai été désarçonné à peine avions nous commencé à galoper un peu. Cette petite déconvenue passée, je l’ai suivi sur un chemin plus ou moins agréable : il y avait peu de verdure car de grands bâtiments marchands et d’artisanat ont colonisé une bonne partie des abords de l’estuaire.
Chevaucher contre le vent n’était pas chose facile mais nous avons avancé pourtant, jusqu’à atteindre l’auberge d’un petit village, la cité des trois îles, où un bac permet de traverser les eaux pour accéder au sud de la province bretonne. Nous nous sommes reposés là un moment, devant une chope d’eau fraîche aromatisée de quelques feuilles de menthe, conversant un peu tandis que dehors la pluie tombait par intermittence.
Puis nous sommes repartis vers la ville, plus facilement qu’à l’aller, aidés cette fois par le vent.

Le chevalier m’a ensuite invité en sa demeure pour prendre une infusion. Enfin nous nous sommes séparés, en nous promettant de rester en contact.

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Le chevalier est séduisant.  Il a cette assurance des gens qui sont bien dans leur peau et dans leur vie. Il est resté gentil et courtois tout au long de l’après midi. Il m’a un peu intimidé à vrai dire…
Pour l’heure il part pour le Saint Empire Romain Germanique, avant de filer encore plus au nord, au royaume du Danemark. Il reviendra dans deux semaines…
Je ne sais ce qu’il adviendra ensuite…Mais j’aimerais bien le revoir…

Publié dans Empreintes

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Nicolas 17/07/2008 16:55

Métaphore ou non, c'est un très joli billet, j'aime beaucoup. J'espère que tu le reverras, ton séduisant chevalier. :)

le hérisson 17/07/2008 23:12


Merci !

En fait, tout se base sur des éléments réels mais réinterprétés. L'invitation de l'elfe est à l'origine l'inviation d'un ami pour faire de l'accrobranche et la chevauchée est une balade à vélo !
:-)

J'espère revoir le chevalier oui... on verra bien ...
 


Nicolas Bleusher 13/07/2008 11:59

Ah la courtoisie...Quel manque d'audace pour un chevalier ! :)

le hérisson 13/07/2008 13:14


En fait, je crois qu'il a senti qu'il ne fallait pas agir avec trop d'audace avec moi en ce moment... et c'est très bien ainsi !


joss 10/07/2008 08:03

Très joli billet  ( et : Aaah :D)

le hérisson 10/07/2008 23:34


merci Joss.